Dans son œil… une histoire de lien affectif. Chap 3.

3ème chapitre – Où est passée ma connexion ?

crédit photo : canva

C’est l’hiver mais on a de la chance. Pour l’instant, pas de gel. Les terrains sont praticables donc allons-y ! Sauf que… rien ne va. La belle est aux aguets et ne me fait pas confiance. Elle est super bien éduquée et ne me bouscule pas, ne me marche pas dessus mais pour le reste, elle ne me donne rien. Ni sa confiance, ni ses pieds.

Pourquoi je parle de pieds ? Un cheval qui ne donne pas ses pieds, c’est mauvais signe. Elle préfère garder ses 4 pieds au sol pour pouvoir fuir si besoin. En carrière, pareil. Elle fait des huit, court dans tous les sens sans jamais m’approcher. Je peux l’attraper sans problème pour la remettre au box mais elle n’a aucune envie de suivre mes consignes de travail comme faire un tour complet d’un côté ou de l’autre. Je la regarde galoper, inatteignable. Où est passée ma si belle connexion ? Disparue, envolée… Je commence à pressentir que je vais ramer pour la retrouver.

Les jours se passent sans grand changement. Je l’emmène à la main pour lui faire découvrir les chemins autour de la maison. Je ne suis pas en forme et j’ai de nouveau des douleurs dans le dos. Il faudrait quand même que quelqu’un la monte pour garder l’habitude. Mon fils accepte de la prendre en balade pour un petit tour et je les suivrai à pied. La belle ne fait pas de difficulté et effectue le tour qu’on avait déjà fait à pied. Elle avance fort, elle marche vite mais sans malice. Elle est curieuse de l’environnement comme un jeune cheval avec un comportement sympa. Ce que m’avait décrit Gwen. Pourtant, je ne retrouve pas la complicité immédiate que j’avais ressentie chez Gwen. Fataliste, je commence à penser que ça ne reviendra peut-être pas. Rien n’est jamais acquis, je le sais bien.

Il faut une première chute pour que je réagisse enfin.

crédit photo : canva

Rien de grave ! Heureusement. C’est une journée où je n’écoute pas. C’est toujours comme ça. Une journée « il faut », « on doit ». Il faut donc monter la jument. Je l’ai lâchée, défoulée, sellée et mon fils ainé est d’accord pour faire quelques minutes en carrière au pas. L’idée est de marcher, tourner, s’arrêter. Rien de complexe. La jument sait faire. Oui mais… c’est un jour sans pour elle. Elle a l’œil qui frise. C’est à dire, qu’elle s’occupe de tout sauf de nous. Je le vois mais je décide de ne pas en tenir compte. Pourquoi ? Je ne sais pas. Mon fils le sent aussi mais n’en dit rien non plus. Au lieu de rester près de la tête de la jument, je décide de m’éloigner pour les laisser évoluer à deux. Encore pourquoi ? Je ne sais pas. C’est un jour bizarre. La jument est crispée, je devrais dire à mon fils de de ne pas continuer. Je ne le fais pas. Mon fils reste posé et détendu, les rênes en guirlande (totalement relâchées), ça va aller. La jument va se tranquilliser, c’est sûr. Mais dame nature s’en mêle.

Une ronce qui pend des arbres et qu’on a oublié de couper, s’accroche au pull de mon fils. La liane se tend derrière eux avant de se décrocher pour retomber. La jument fuit ce truc bizarre d’abord au trot. Mon fils se dit que c’est ok, qu’elle s’arrêtera au coin suivant. Avant le coin, elle fait deux foulées de galop puis enchaîne sur des sauts de mouton. Mon fils se retrouve les fesses dans le sable en deux temps, trois mouvements.

crédit photo : canva

Mon fils se relève avec quelques douleurs au postérieur et la jument s’est arrêtée à la porte de la carrière et nous regarde d’un air surpris. Genre : que s’est-il passé ? Pourquoi t’es par terre ?

Okayyyyyyy. Voilà, voilà. Mon fils remonte. Ce coup-ci, je tiens la bête ! Quelques pas à droite, à gauche. C’est bon. On arrête là. Il faut que je repense notre relation. On ne se comprend pas !

J’ai un vieux pur-sang arabe qui sait tout faire en carrière. Enchaîner les tours à l’allure demandée, changer de main (c’est à dire de côté), s’arrêter, repartir à la voix. On ne parle pas le même langage, elle et moi. Elle parle cheval et moi je parle au pur-sang. Le seul hic, c’est que le pur-sang n’aime pas partager l’espace avec un cheval inconnu et si elle le colle, il va taper. Au moins, ils ne sont pas ferrés et je suis là pour râler s’il essaye. Ça l’arrête en général. J’aurai du coup les yeux plus sur lui.

Effectivement, elle le suit comme son ombre, ça agace mon vieux qui s’arrête pour taper. Elle prend le coup dans le poitrail avant que j’ai eu le temps de crier. Ni une ni deux, elle se retourne (elle est très souple) et lui rend un coup de pied bien senti dans la cuisse. Comme j’ai crié, tout le monde repart en avant. Ils n’ont pas fait un tour que ça recommence. Il tape et elle lui rend. Dans le calme, tranquille. J’ai jamais vu ça ! Ensuite, c’est réglé. La séance se passe nickel. Je tiens peut-être quelque chose.

À suivre…

Dans son œil… une histoire de lien affectif. Chap 2.

2ème chapitre. Arrivée à la maison, premières complications.

C’est décidé ! Gwen m’a transmis des nouvelles régulières. La jument progresse très bien et accepte de sortir seule en extérieur, trotte et galope avec un cavalier. J’ai confiance et je sais qu’elle ne me vendrait pas un cheval inapproprié à mon niveau et à mon état physique. Je confirme que je lui achète.

Credit photo : canva

Une amie, puis deux sont surprises de mon calme. Je ne saute pas de joie partout en hurlant, elles sont plus excitées que moi. Est-ce de la sagesse de ma part ? Du déni ? Une protection ? La certitude que ça va être un long chemin semé d’embuches ? En fait, je n’en sais rien. J’ai longuement hésité puis je me suis laissée porter par les événements. Depuis des années, j’entends l’importance d’écouter son cœur et d’avoir confiance. Et d’expérience, je sais qu’il y aura des moments difficiles. Je suis prête.

La première complication arrive plus vite que je ne l’avais prévue : couvre-feu et reconfinement. Je n’ai plus de van et rien pour tracter. L’amie qui me dépanne, travaille. Ça va être juste. On se décide quand-même et on fixe le samedi. Mais la Vie a plus d’un tour dans son sac et un autre ami doit emmener une jument chez Gwen pour une rééducation. Il propose de me ramener la mienne jusque chez lui, le vendredi. Ouf ! Ça parait déjà plus simple. Même si avec le couvre-feu, ça risque d’être rock’n roll.

Aucun souci de transport pour ma jeune jument pie. Elle est montée sans problème, elle redescend pareil. On tourne un peu dans la cour du copain. Je suis impressionnée par la belle. Elle est calme et curieuse. Pour une 4 ans, c’est plutôt sympa. Mais… parce qu’il y a toujours un mais. Au moment de remonter dans notre van, elle se plante. Pas envie. On se repositionne, on réessaie. C’est non. C’est vrai que je me sens un peu coupable après déjà plusieurs heures de route, de lui redemander de patienter 3/4 d’heure supplémentaire dans la boite. Le copain n’a pas de place, tous ses box sont pris. Il faut qu’elle monte. On va rentrer après le couvre-feu. C’est le bazar. Évidemment, comme il faut, elle me dit : non ! Pas moyen. Je n’ai ni envie de la forcer ni lui faire peur. Ça serait bien mal débuter notre relation. Je décide donc…

Credit photo : canva

… de passer la longe au copain qui n’a pas les mêmes blocages que moi. En deux minutes, c’est dans la boîte. L’orgueil et le besoin de contrôle n’ont pas leur place ici. Les chevaux sont les maîtres dans l’art de nous montrer exactement où nous en sommes. Une opportunité pour moi ne pas refaire les mêmes erreurs. De nouer une relation juste et équilibrée. Stressée et maniaque du contrôle comme je peux être parfois (oui, je sais. J’en surprends sans doute mais j’ai décidé d’être honnête), c’est une chance d’écouter ce qui est, sans juger. Un magnifique chemin d’évolution pour moi.

Le transport se passe bien. Il fait nuit noire quand on arrive, ce qui n’a pas l’air de la déranger. Par contre, elle marche super vite. Je ne sais pas si je dois la tempérer ou tenter de suivre. Tant pis pour ce soir, je précipite mes pas pour rester à son niveau. J’ai choisi de la placer à côté d’une ponette de 20 ans. Je préfère ne pas mélanger une jument avec les deux autres hongres. C’est le déséquilibre et la bagarre assurée entre eux. Trois n’est pas un bon chiffre dans les groupes de chevaux. C’est souvent 2 contre 1. Et un des deux hongres va vouloir accaparer la jument. Les premiers contacts sont prévisibles : ma jument est curieuse (encolure tendue au-dessus de la barrière, oreilles droites), la ponette méfiante (oreilles couchées et nez froncé). Pas d’attaque, pas de couinement. Ça a l’air de pas trop mal se passer.

Credit photo : banque personnelle

Je lui laisse quelques jours pour s’acclimater puis on verra où on en est. C’est pas facile pour les chevaux. On les prend, on les emmène, on les déplace sans rien leur expliquer. Vendus, achetés, échangés. Après avoir observé des signes évidents de mal-être depuis des années chez les chevaux nouvellement arrivés, je prends toujours le temps de leur expliquer ce qu’il se passe. De même, quand ils partent ailleurs. Avant, j’avais l’habitude de dire que s’ils ne comprenaient pas les mots, ils comprenaient mon intention. Maintenant, je suis plus mesurée, ils comprennent bien plus de choses que je ne peux l’imaginer. Tout comme les enfants. Ils savent, même ce que l’on voudrait leur cacher à tout prix.

La suite au prochain chapitre.

Dans son œil… une histoire de lien affectif.

1er chapitre. La rencontre

Aujourd’hui, je vais vous parler de lien. Celui qu’on cherche, celui qu’on crée, celui auquel on s’accroche, celui qu’on étire jusqu’à parfois le rompre. De quel lien parlé-je ? (si, si c’est français le é sur parler, vérifiez sur vos Bescherelle.) Je parle du lien affectif. Comme une saga ou un feuilleton à épisodes, je vais faire plusieurs posts sur le sujet. Voici le 1er chapitre, la rencontre.

Credit photo : canva

Vous savez, ou pas d’ailleurs, que je suis une passionnée de chevaux depuis ma plus jeune enfance. J’en parlais tout le temps la journée, j’en rêvais la nuit et quand je n’étais pas avec les chevaux, je m’extasiais d’en voir dans les pâtures sous les soupirs blasés de mon cher et tendre… bref, les chevaux occupaient toute ma vie. Les chevaux me le rendaient bien, notre lien était fort et intuitif. Surtout avec mon premier cheval, un coup de foudre avec un trotteur ultrasensible et mal foutu. L’amour est aveugle, n’est-ce pas. Dans une fusion immédiate, tout a été instinctif car il était compliqué et exigeant. Bien sûr, je savais très bien monter à cheval après plus de 15 ans d’équitation mais je ne savais rien au final. Il est devenu mon grand maître pendant 7 ans. Et puis… il a décidé qu’il était temps que je passe à autre chose… J’ai résisté un moment mais il n’aurait pas été un grand maître s’il avait cédé. Il ne l’a pas fait. J’avais 24 ans quand je l’ai rencontré et il en avait 3. Il est mort à 24 ans et j’en avais 45. Je vous reparlerai de ce qu’il m’a appris et de comment on s’est quitté dans cette vie à un autre moment.

credit photo : canva

J’avais donc « perdu » mon âme-sœur cheval depuis plusieurs années dans cette vie, le deuil ayant commencé bien avant sa mort physique. J’ai continué à m’occuper de chevaux et ils ont continué à m’apprendre. Mais ce n’était plus pareil. L’instinctif, l’intuitif, les évidences ne fonctionnaient pas aussi facilement avec les autres chevaux. La porte était refermée. Je ne savais à nouveau plus rien (ce n’est pas aussi vrai que ça mais c’est l’idée.) Puis je n’ai plus monté à cheval du tout (douleurs physiques, plus envie, plus le désir, à quoi bon…) Le deuil se poursuivait. 3 ans. Et puis, un jour, j’ai su qu’il était temps de se remettre en route.

credit photo : canva

Je voulais un cheval calme, fiable, posé dans sa tête. Un hongre entre 7 et 15 ans. Un routinier sécuritaire. Je n’avais plus 20 ans et toujours un corps en mauvais état physique (disques écrasés, arthrose, hernies cervicales et lombaires, etc, etc). À ce stade de l’histoire, vous vous doutez bien que ça ne s’est pas passé comme prévu. La vie a un humour redoutable. Bref… Aucun cheval ne correspondait, trop jeune, trop vieux, pas assez éduqué, trop cher. Il y avait bien cette femme, Gwen, qui travaille des chevaux dits à problème. Je l’appelle par acquis de conscience. Elle a bien un cheval qui pourrait me correspondre. Mais c’est une jument. J’hésite. En pâture chez moi, c’est deux hongres. Une jument va mettre le bazar dans le groupe. Je ne suis pas trop enthousiaste mais j’y vais quand même et puis Gwen, c’est quelqu’un de fiable que mes ami.e.s cavalier.e.s ont déjà rencontré plusieurs fois et dont les retours sont unanimes. Elle est super ! C’est l’occasion que discuter IRL (dans la vraie vie) avec elle. J’arrive après avoir embarqué mon fils cavalier. Je ne me fais pas assez confiance pour monter à cheval avec un bon feeling surtout après plusieurs heures de route.

Sur place, Gwen me montre la jument, une croisée de quarter très jolie, 6 ans, bien éduquée (par Gwen) et qui part en balade toute seule sans avoir peur de rien. À part que c’est une jument et son jeune âge, elle correspond à ce que je cherche. Gwen me dit aussi qu’elle en a une autre à me montrer. 4 ans. Je hoche la tête mais l’élimine direct au vu de sa grande jeunesse. Nous essayons la 6 ans après l’avoir laissée nous sentir et nous montrer qu’elle est d’accord. Ça se passe super bien dans le manège, la jument est extra à toutes les allures mais il n’y a pas de révélation. Vous avez vu Avatar ? Ben voilà, ça ne se connecte pas avec moi. Pour être certaine, je descends de la jument. Je me place en silence à côté d’elle et je lui demande si elle souhaite faire un bout de route avec moi. La réponse est franche et nette, elle claque dans mes pensées : c’est NON ! Je demande plusieurs fois. Même réponse. Je me gratte un sourcil, embêtée parce que la jument correspond à mes critères et qu’on a fait pas mal de route. Je décide de faire confiance à Gwen et lui dit le résultat de ma communication intuitive. Elle écoute sans juger et me repropose la 4 ans. Mon fils accepte de la monter, moi, j’ai mal partout. La voiture puis la station debout m’ont épuisée. Je vais regarder. Ça me donnera une idée.

credit photo : banque personnelle

La 4 ans est une croisée paint. Elle est enjouée et curieuse mais elle ne sait pas faire grand chose. Jusqu’ici, elle a juste porté un cavalier en marchant au pas. Ce qui est normal pour moi. Les chevaux ont une croissance tardive et c’est un scandale de les faire courir et sauter alors que leurs os et leur musculation ne sont pas finis. Mon trotteur en a payé le prix fort d’ailleurs. L’essai se passe bien, même si je trouve que la jument marche vite. Elle engage très fort (ce qui est une bonne chose) et j’ai peur de ne pas suivre le rythme. Mon fils insiste néanmoins pour que je la monte. Gwen aussi. J’ai mal, je suis fatiguée. Ça m’embête de faire porter ça à cette jument qui ne m’a rien demandé. Mon fils insiste. Il a senti quelque chose. Gwen aussi insiste en me disant que ça donnera de l’expérience à la jument. Vraiment pas convaincue, je vous passe les détails, avec un peu d’aide (un plot en occurrence), je suis à cheval. La jument se met au pas, c’est vrai qu’elle avance fort. Malgré ça, je me sens bien dans son rythme, tout est fluide. L’impression de faire un, est totale. Je suis bluffée. C’est tellement inattendu. Je ne croyais pas possible de retrouver cette sensation avec un autre cheval. Tout est là. Je suis émue, touchée du cadeau.

Une fois au sol, une main sur l’encolure, je reste en silence avec elle. Elle est jeune, trop jeune, elle ne sait rien faire mais elle peut apprendre et elle a un fond attentif et gentil. J’ai besoin d’un temps de réflexion. Gwen me propose de finir son apprentissage avant que je ne vienne la chercher. Je demande à la brosser pour prolonger le moment et savoir si la jument a envie de partager ma vie. Cela semble être le cas. C’est un gros engagement pour moi. Si ça ne va pas, si elle ne convient pas, … le mental s’emballe. Je demande une semaine de réflexion à Gwen qui va continuer l’apprentissage de la jument en attendant.

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Une semaine de doutes, de questionnements (merci les copines d’avoir donné vos avis sincères), de remise en cause et de re-doute, re-questionnements. Une semaine infernale ! Merci le mental !!! Verdict : j’ai peur ! Mais cette peur n’est pas plus forte que mon désir. Désir de renouer avec un lien puissant et authentique. D’aimer un cheval à nouveau. De partager galères et joies, d’être en phase puis de ne plus se comprendre, de prendre le temps, d’avoir des projets (de rando), d’être bien ensemble. Ce n’est plus pareil qu’avec mon premier cheval, j’ai conscience de ce qui est là, fragile, précieux comme le parfum du bonheur. C’est vrai qu’elle est très jeune mais elle vieillira plus vite que moi. Et elle a envie d’apprendre, de contact. Elle est curieuse. Elle n’a pas été traumatisée par les humains. J’ai besoin de confiance, de calme, de lien, d’écouter et d’être écoutée, d’accueil, d’être portée. J’ai rencontré une amie, mieux une alliée.

Je vous raconte la suite plus tard…

Mes bonnes résolutions 2021.

En ce début d’année, pas mal de questions se posent pour moi. Suis-je thérapeute ? Suis-je écrivain ? Un hybride entre les deux ? Comment vais-je encaisser cette nouvelle année qui a l’air d’être un comique de répétition de 2020 ? Comment vais-je m’en sortir (financièrement, socialement, professionnellement) ? Et ma famille ? Mes ami.e.s ?

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Quand le mental s’emballe, revenir aux basiques (respiration, moment présent, ancrage) avant de prendre toute décision définitive. Oui, mais quand c’est chaque jour que ces questions se posent ? Quand c’est chaque jour qu’on n’a un peu moins de contrôle sur sa vie, un peu moins d’espoir d’un avenir meilleur (du fait de la décision de quelques uns qui nous gouvernent) ?

J’ai terminé l’année avec un déficit de joie, d’espoir. Je n’y arrive plus malgré tous mes outils, toutes mes connaissances. J’ai juste envie de me cacher au fond d’un trou, d’une grotte, d’une cabane perdue au fond des bois… Je croyais en la démocratie, je croyais en notre système de justice (pas parfait mais pas si mal), en notre système médical (un des meilleurs au monde), en notre système public. Aujourd’hui, je regarde nos décideurs, nos politiques démanteler nos institutions et je me sens triste. Les belles années sont-elles derrière nous ?

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Où est le héro qui nous sauvera ? Où est celui ou celle qui aura le courage de se lever contre ceux qui font n’importe quoi pour quelques euros de plus ? Nulle part. Partout. Perdu.e.s dans la division (diviser pour mieux régner), dans le virtuel (du pain et des jeux), persuadé.e.s que quelqu’un d’autre fera le boulot.

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Quand on a perdu tous ses repères, toutes ses croyances, que reste-t-il ? Il reste l’essentiel. Moi, nous. Chaque choix, chaque valeur que nous respectons impacte notre environnement direct puis de plus en plus lointain comme les cercles concentriques dans une mare. Nous influençons le monde autour de nous. Nous sommes créateurs de nos vies, créateurs de réalité.

Je ne prends plus d’engagement de nouvelle année depuis 1995, l’année où j’ai arrêté de fumer. Je crois que 2021 est une bonne année pour s’y remettre. Je m’engage à rester centrée, alignée, à respecter mes valeurs toute au long de l’année, et à garder le cap envers et contre tout.

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Et vous ?

La toute première fois

Est-ce que vous vous souvenez de la première fois où quelqu’un vous a réellement écouté ? Moi, oui ! C’était en formation de thérapeute à l’Eepssa de Strasbourg, l’exercice consistait à s’écouter mutuellement pendant 20 min ou peut-être ½ heure.

J’étais donc assise face à mon partenaire d’exercice. Je ne me souviens plus si c’était l’été ou l’hiver, comment j’étais habillée ou même le prénom de mon vis-à-vis. C’était il y a plus de 10 ans et j’ai une mauvaise mémoire des prénoms sauf pour les chevaux mais c’est une autre histoire. Donc j’étais assise et je l’écoutais vraiment, en silence sans juger, sans le couper avec juste quelques mouvements de tête ou un sourire discret pour lui montrer que j’écoutais toujours. Je ne me souviens plus du tout du sujet qu’il a abordé, ni d’aucune phrase mais je me rappelle très bien son commentaire après cette séance où très ému, il m’a annoncé que c’était une expérience incroyable. J’avais hâte de la vivre.

Après une petite pause-café, tisane, pipi, j’ai pris la place de la “patiente” et lui du « thérapeute ». J’ai parlé, parlé, parlé. Aujourd’hui je suis incapable de me souvenir du sujet mais je me rappelle parfaitement la sensation ! Il avait raison : une expérience singulière avec un sentiment d’être accueillie totalement, d’être une personne intéressante, digne d’être entendue et enfin d’avoir pu aller au bout du processus de mes pensées et d’y trouver la clé de compréhension du problème dont je parlais. J’aimerais encore revivre ce moment, cette première fois où surprise et enthousiaste, je découvrais la puissance d’être écoutée sans être interrompue, jugée ou conseillée. J’ai su à ce moment précis que je voulais plus que tout être ce genre de thérapeute.

Et vous ? Avez-vous vécu un tel moment ? Qu’avez-vous ressenti ? J’adorerais entendre vos expériences sur ce sujet, partagez-les en commentaire.

Dis ! Tu m’écoutes ?

Attention cet article parle de votre mari, femme, conjoint, compagnon, belle-mère, meilleur(e) ami(e) !

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Avez-vous déjà vécu ce moment où votre mari, femme, conjoint, compagnon, votre meilleure amie (rayer la mention inutile) a les yeux qui se perdent dans le vide ou pire commence à regarder son téléphone quand vous lui parlez de quelque chose de vraiment important pour vous ? Ou pire encore vous coupe pour parler d’un autre sujet complètement futile comme la liste des prochaines courses ou la nécessité d’appeler les beaux-parents pour le dîner hebdomadaire. Frustrant et agaçant, non ?

Il y a aussi les biens intentionné(e)s qui veulent vous trouver une solution avant même que vous n’ayez fini de parler. Cette sensation d’avoir été expédié(e) est bien désagréable.

Et il y a les « moi aussi » qui veulent vous montrer combien ils savent que vous souffrez. Quand vous parlez, ils vous interrompent pour affirmer qu’eux aussi ont vécu ça : « moi aussi ma belle-mère ceci ou mon mari cela… » Le combo vient quand ils enchaînent sur la solution ultime qui a tout résolu… pour eux !

Rien ne sert de se fâcher même si vous auriez toutes les raisons de le faire. Je me rappelle de moments comme ça avec mon mari où quand ses yeux se perdaient dans le vide, j’arrêtais de parler pour lui asséner quand il me redonnait son attention face à mon silence au bout de quelques secondes : « Tu peux répéter mes trois derniers mots ? » Et ma jubilation quand il bégayait des mots au hasard saisis dans mon discours. Mais voilà, ça ne résout pas le problème et crée plus de frustration que de joie en définitive puisqu’il y a un perdant et un gagnant.

J’ai cherché d’autres façons de faire qui soit gagnant-gagnant. Et c’est tellement plus satisfaisant.

Faites-vous le cadeau d’être écouté(e) sans être interrompu(e), sans recevoir de conseils non sollicités, sans entendre de « moi aussi ». Je vous propose 3/4 heure de pleine écoute et 1/4 de débriefing pour une expérience qui fait du bien.

Quelle place pour les femmes ?

J’aime le partage, la solidarité, les interactions. Je suis un animal profondément social et ma formation de thérapeute est humaniste et intégrative.

J’aimerais que vous partagiez avec moi les sujets qui vous tiennent à cœur, vos questions fondamentales et que nous puissions confronter nos points de vue. Ce format sera bien plus intéressant et riche pour toute notre communauté.

Connaissez-vous le mythe de la caverne de Platon ? Ou l’autre version, celle de la ville au fond du puits ? J’aime bien l’allégorie de la ville au fond du puits :

Il y  une ville au fond d’un puits assez profond recouvert d’une grille en caillebottis. Il est impossible d’embrasser toute la vue sur la ville à travers le treillis sauf à se déplacer autour du puits et à regarder au fond depuis chaque position pour se donner une idée d’ensemble.

Vous saisissez le parrallèle avec la Vie ou les événements ? Moi j’adore cette image ! Je me la remémore souvent quand j’ai tendance à vouloir adopter un point de vue unique.

Un autre proverbe qu’une de mes amies prononce souvent dit d’ailleurs : qui n’a qu’un son, n’a qu’une cloche. (plus connu sous : qui n’entend qu’une cloche, n’entend qu’un son) Je ne compare personne à une cloche ! Je tiens à le préciser des fois que l’une d’entre vous l’aurait pensé. 😆

Je crois intuitivement et profondément que nous contribuons à l’état du monde actuel par nos états intérieurs. Je suis adepte du principe dérivé alchimique de ce qui est à l’intérieur (de nous) est comme ce qui est à l’extérieur. Pour que le monde aille mieux, ce n’est pas à l’extérieur qu’il faut agir mais à l’intérieur de nous. Ce qui ne nous empêche pas d’agir à l’extérieur. Ne me faites pas dire ce que je n’ai pas dit !!! Mais agir à l’extérieur sans avoir travailler sur son intériorité nourrit surtout les égrégores de séparativité.

Je crois au pouvoir des femmes, à leur vision moins manichéenne de la Vie, à leur capacité d’embrasser de larges points de vue. D’ailleurs le mythe (encore un) de l’homme chasseur fort et de la femme cueilleuse faible est tombé il n’y a pas si longtemps. Je vous mets un article qui en parle :

https://www.geo.fr/histoire/prehistoire-quelle-place-pour-les-femmes-189054

Je souhaite réellement partager quelque chose avec vous et créer une communauté active. Je vous répondrai personnellement. Ce n’est pas une annonce dans le vide, je tiens mes engagements pris, c’est une de mes règles de vie. Un bémol tout de même, je ne réponds qu’aux commentaires ou questions ayant un rapport avec le sujet. Je le précise parce que je reçois pas mal de trucs en anglais pour l’instant, ayant vocation de spam (mon impuissance érectile, mon classement SEO et autres sont envoyés direct à la poubelle).

Crédit photo : canva

Quels sont les sujets qui vous intéressent ? Quel problème auriez-vous besoin de confronter à l’avis d’autres femmes ou à mon avis ? Quelles techniques ou solutions avez-vous envie de partager ? Quelle est votre vision d’un monde meilleur ? Voilà quelques questions que je me pose. 😉

J’attends avec impatience vos réponses, remarques, commentaires.

Petit guide de survie en temps de crise ou comment garder le cap en période anxiogène.

On prend les mêmes et on recommence… Crise sanitaire, confinement, menaces, privation de liberté, saupoudrage d’aides, spectre du chômage de masse, chiffres angoissants martelés à longueur de journée, etc, etc.

Comment rester calme, centrée et alignée dans toute cette cacophonie ?

En ces temps de crise, je vous ai préparé une trousse de secours et un guide pour ne pas perdre votre sang-froid.

Trousse de secours

Dans une bonne trousse de secours, on trouve un antiseptique, des pansements, des compresses, une couverture de survie, bandes extensibles, des ciseaux à bouts ronds, une pommade contre les démangeaisons, une pommade contre les contusions, un collyre, une bande élastiques pour strapping, un appareil type aspivenin entre autres.

Somme toute, de quoi nettoyer, désinfecter, protéger (une zone de contusion), extraire (un corps étranger ou un venin), apaiser (une irritation), contenir (une entorse), réduire (une fracture), réchauffer (un corps traumatisé)

Dans notre trousse de secours corps-esprit, je vous propose :

LA méthode absolue qui sert à la fois d’antiseptique, de nettoyant, de baume apaisant : la respiration ! Je ne vous vanterai pas encore une fois tous les mérites d’une grande respiration profonde et lente. Vous avez un livret, des techniques, des vidéos.

Pour soigner les contusions de votre esprit. Minimiser les médias à sensation, les chaînes d’info(x). Si vous êtes accro, équilibrez avec des nouvelles neutres ou positives. Pourquoi pas une comédie romantique ? Ou un documentaire plein de sagesse ? Personnellement, j’adore les conférences TED.

Trop tard ? Vous avez déjà été contaminé par le venin anxiogène ? Pas de panique ! La méditation qu’elle soit guidée, assise ou en mouvement est un puissant antidote. Deux ressources à la rescousse : Olivier Lockert ou Petit Bambou

Entorses et fractures de votre foi (en l’humanité, en l’altruisme, en l’amour désintéressé). Il vous faut les grands moyens ! Étirements, auto-massage, marche dans les bois, écoute de musique classique, rencontre (virtuelle, ça marche aussi) avec des personnes inspirantes. Deux ressources à la rescousse : Moojiji ou Isa Padovani

Le dernier palier. Réchauffer votre âme traumatisée et en perdition. Il vous faudra ouvrir votre esprit à un monde plus vaste. Respirer, méditer, écouter des personnes inspirantes, trouver un guide plein de sagesse (humain ou non-humain. J’ai bien connu un cheval qui avait tout d’un grand maître), suivre un idéal qui vous dépasse et donne du sens à votre vie, apprendre de nouvelles choses qui serviront à la communauté.

Garder le cap

Équipé de votre trousse de secours, le bateau prêt à larguer les amarres, tel Ulysse, vous allez devoir manœuvrer entre Charybde et Scylla et résister au chant des sirènes. Je m’explique !

Deux écueils sont face à vous :

Le premier écueil consiste à réagir. Approuver ou désapprouver (avec plus ou moins de force et de conviction) chaque décision, chaque information, chaque fait et geste que l’on nous donne en pâture. c.f. audimat de l’indignation

Pourquoi pas ? Parce que réagir est impulsif. Submergés par nos émotions, nous débordons, explosons causant incompréhension, antipathie, souffrance pour les autres et nous-même. Plutôt que réagir, il est préférable d’agir (après une réflexion posée à froid). Avant toute action impulsive provoquée par une émotion forte, respirer en grand cinq ou six fois ramène assez de calme pour éviter de commettre des erreurs de jugements et des actes inconsidérés.

Le second écueil consiste à regarder ailleurs. Ce que j’ignore n’existe pas. La politique de l’autruche qui consiste à plonger sa tête dans le sable pour éviter de voir un danger, est une légende. (Aucune autruche sensée ne fait ça. La race aurait disparu depuis longtemps.)

Nous ne sommes pas des autruches alors pourquoi pas ? Négliger des informations déplaisantes pour éviter de ressentir un malaise ne fait qu’aggraver le problème auquel vous êtes confronté et qui finira par grossir, grossir, grossir, jusqu’à prendre des proportions titanesques. À terme, il deviendra bien plus compliqué à résoudre. Ce que nous faisons semblant de ne pas voir pour ne pas l’affronter, existe toujours et continue d’enfler (Rappelez-vous, selon la loi de Murphy, tout ce qui est susceptible d’aller mal, ira mal.)

Et enfin le chant des sirènes. Ne se nourrir que des choses qui confortent notre vision du monde (encouragé par les algorithmes des réseaux et médias sociaux).

On ne voit pas le monde comme il est, pauvre de nous, mais comme on croit qu’il est. Nos 5 sens (vue, odorat, toucher, ouïe, goût) sont imparfaits et limités. Nos pensées sont tamisées aux filtres de nos croyances. Si vous croyez que le monde est rempli d’égoïstes hostiles alors votre attention se fixera uniquement sur les données qui le prouvent, faussant votre perception et votre jugement.

Pourquoi ? Parce que le cerveau crée des raccourcis et simplifie dans un souci d’efficacité. De nombreuses études ont été réalisées sur ces biais cognitifs. Je vous mets un article sur le biais de confirmation en recherche (accrochez-vous bien, ça décoiffe !)

Garder le cap ne consiste pas comme vous l’aurez compris à s’échouer sur l’un des deux écueils en attendant que la tempête passe ou à céder au chant des sirènes.

Garder le cap, c’est être responsable de notre bateau. Par la connaissance de nos biais cognitifs, l’attention diffuse sur ceux qui s’en servent pour nous manipuler et de toute façon la vérité est ailleurs comme dirait Mulder.

Crédit photos canva et wordpress.

Je suis triste et j’ai peur

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Je suis triste et j’ai peur.

On est fier de notre intelligence et de nos gros cerveaux.

Qu’on utilise dans de stupides combats de coqs.

Je suis triste et j’ai peur.

Camp du bien, camp du mal. Pas envie d’écouter ces cons.

Ils ont torts. On a raison ! Faudra bien qu’ils comprennent.

Je suis triste et j’ai peur.

Humanité à la dérive qui cherche une échappatoire à sa souffrance.

Que vont devenir nos enfants ? (les enfants de la Terre ?)

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Je suis triste et j’ai peur.

Ma confiance fragile vacille, ma connexion à la Source bug.

Où est ma foi ? Envolée avec la fraternité ? Partie avec la solidarité ?

Je suis triste et j’ai peur.

Je m’accroche, me traîne, me hisse ….

Je m’extirpe, décroche, ouvre la porte et sors … Dehors !

Je suis triste et j’ai peur.

Les arbres du jardin m’accueillent en frémissant sous une brise fraîche.

La forêt toute proche me tend les bras.

Crédit photo : Steeve Domergue

Je suis moins triste et j’ai encore un peu peur.

Les chevaux hennissent en me reconnaissant, le chien saute de joie à l’idée d’une promenade.

Le chat se sauve, outré par tant d’agitations, un sourire timide se fraye un chemin sur mon visage.

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Je ne suis plus triste et je n’ai plus peur.

Je respire profondément, mon cœur se calme. Je me rappelle que je fais partie du tout.

Je sors du cauchemar et me réveille en sentant l’herbe humide sous mes mains et mes pieds.

Les pieds sur la Terre, le souffle vivifiant dans tout mon corps,

Je sors enfin du rêve de la dualité pour expérimenter l’unité. Je n’ai jamais été séparée.

Je l’ai juste rêvé (cauchemardé) et je viens de m’en rappeler

Quel est le lien entre créativité et dos ?

La créativité est une activité qui permet de concrétiser, mettre en matière une partie de l’imaginaire (par l’écriture, la peinture, la musique, la danse, etc.) Elle permet l’expression de l’intime de soi, de montrer une représentation de votre monde intérieur.

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Le dos est l’endroit du corps qui manifeste le mieux la façon dont nous (sup)portons notre vie. Plein d’expressions le traduisent :

  • en avoir plein le dos
  • tourner le dos à quelqu’un, à une situation
  • avoir quelqu’un (un collègue, sa belle-mère, son chef) sur le dos
  • recevoir un coup de poignard dans le dos (dans le cas d’une trahison)

Vous avez sans doute d’autres expressions aussi parlantes qui vous viennent en tête et que vous pouvez mettre en commentaire en bas de page.

Le jeune enfant qui vit dans son imaginaire, qui le met en scène sous forme de jeu, qui ne subit aucune pression ressemble à un roseau souple.

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Puis les aléas de la vie, les contraintes (scolaires, familiales, sociales, etc), les petites et grandes trahisons, les déceptions, les obligations rigidifient la posture pour pouvoir porter et supporter ce sac supplémentaire contenant toutes les émotions bloquées.

L’imaginaire est relegué loin derrière les priorités et les urgences, la nécessité d’être pragmatique tue la créativité. L’enfant devenu grand oublie cet enfant intérieur qui a besoin de chanter, danser, sauter pieds nus dans les flaques.

Le dos se bloque petit à petit par étage, d’abord les lombaires puis le milieu, les épaules et enfin la nuque. Ou massivement d’un coup. L’impression d’être devenu un ours en armure (référence aux romans « à la croisée des mondes » de Philip Pullman) qui ne peut plus plier ou se courber installe une posture figée accompagnée de douleurs incapacitantes.

Iorek Byrnison – À la croisée des mondes.

Les solutions ?

Respirer, chanter, danser, se libérer des peurs et des angoisses, trouver un équilibre intérieur, se (re)connaître.

Pour aller plus loin, vous pouvez recevoir un guide qui recense 5 techniques pour mieux respirer en moins de 5 minutes.