Petit guide de survie en temps de crise ou comment garder le cap en période anxiogène.

On prend les mêmes et on recommence… Crise sanitaire, confinement, menaces, privation de liberté, saupoudrage d’aides, spectre du chômage de masse, chiffres angoissants martelés à longueur de journée, etc, etc.

Comment rester calme, centrée et alignée dans toute cette cacophonie ?

En ces temps de crise, je vous ai préparé une trousse de secours et un guide pour ne pas perdre votre sang-froid.

Trousse de secours

Dans une bonne trousse de secours, on trouve un antiseptique, des pansements, des compresses, une couverture de survie, bandes extensibles, des ciseaux à bouts ronds, une pommade contre les démangeaisons, une pommade contre les contusions, un collyre, une bande élastiques pour strapping, un appareil type aspivenin entre autres.

Somme toute, de quoi nettoyer, désinfecter, protéger (une zone de contusion), extraire (un corps étranger ou un venin), apaiser (une irritation), contenir (une entorse), réduire (une fracture), réchauffer (un corps traumatisé)

Dans notre trousse de secours corps-esprit, je vous propose :

LA méthode absolue qui sert à la fois d’antiseptique, de nettoyant, de baume apaisant : la respiration ! Je ne vous vanterai pas encore une fois tous les mérites d’une grande respiration profonde et lente. Vous avez un livret, des techniques, des vidéos.

Pour soigner les contusions de votre esprit. Minimiser les médias à sensation, les chaînes d’info(x). Si vous êtes accro, équilibrez avec des nouvelles neutres ou positives. Pourquoi pas une comédie romantique ? Ou un documentaire plein de sagesse ? Personnellement, j’adore les conférences TED.

Trop tard ? Vous avez déjà été contaminé par le venin anxiogène ? Pas de panique ! La méditation qu’elle soit guidée, assise ou en mouvement est un puissant antidote. Deux ressources à la rescousse : Olivier Lockert ou Petit Bambou

Entorses et fractures de votre foi (en l’humanité, en l’altruisme, en l’amour désintéressé). Il vous faut les grands moyens ! Étirements, auto-massage, marche dans les bois, écoute de musique classique, rencontre (virtuelle, ça marche aussi) avec des personnes inspirantes. Deux ressources à la rescousse : Moojiji ou Isa Padovani

Le dernier palier. Réchauffer votre âme traumatisée et en perdition. Il vous faudra ouvrir votre esprit à un monde plus vaste. Respirer, méditer, écouter des personnes inspirantes, trouver un guide plein de sagesse (humain ou non-humain. J’ai bien connu un cheval qui avait tout d’un grand maître), suivre un idéal qui vous dépasse et donne du sens à votre vie, apprendre de nouvelles choses qui serviront à la communauté.

Garder le cap

Équipé de votre trousse de secours, le bateau prêt à larguer les amarres, tel Ulysse, vous allez devoir manœuvrer entre Charybde et Scylla et résister au chant des sirènes. Je m’explique !

Deux écueils sont face à vous :

Le premier écueil consiste à réagir. Approuver ou désapprouver (avec plus ou moins de force et de conviction) chaque décision, chaque information, chaque fait et geste que l’on nous donne en pâture. c.f. audimat de l’indignation

Pourquoi pas ? Parce que réagir est impulsif. Submergés par nos émotions, nous débordons, explosons causant incompréhension, antipathie, souffrance pour les autres et nous-même. Plutôt que réagir, il est préférable d’agir (après une réflexion posée à froid). Avant toute action impulsive provoquée par une émotion forte, respirer en grand cinq ou six fois ramène assez de calme pour éviter de commettre des erreurs de jugements et des actes inconsidérés.

Le second écueil consiste à regarder ailleurs. Ce que j’ignore n’existe pas. La politique de l’autruche qui consiste à plonger sa tête dans le sable pour éviter de voir un danger, est une légende. (Aucune autruche sensée ne fait ça. La race aurait disparu depuis longtemps.)

Nous ne sommes pas des autruches alors pourquoi pas ? Négliger des informations déplaisantes pour éviter de ressentir un malaise ne fait qu’aggraver le problème auquel vous êtes confronté et qui finira par grossir, grossir, grossir, jusqu’à prendre des proportions titanesques. À terme, il deviendra bien plus compliqué à résoudre. Ce que nous faisons semblant de ne pas voir pour ne pas l’affronter, existe toujours et continue d’enfler (Rappelez-vous, selon la loi de Murphy, tout ce qui est susceptible d’aller mal, ira mal.)

Et enfin le chant des sirènes. Ne se nourrir que des choses qui confortent notre vision du monde (encouragé par les algorithmes des réseaux et médias sociaux).

On ne voit pas le monde comme il est, pauvre de nous, mais comme on croit qu’il est. Nos 5 sens (vue, odorat, toucher, ouïe, goût) sont imparfaits et limités. Nos pensées sont tamisées aux filtres de nos croyances. Si vous croyez que le monde est rempli d’égoïstes hostiles alors votre attention se fixera uniquement sur les données qui le prouvent, faussant votre perception et votre jugement.

Pourquoi ? Parce que le cerveau crée des raccourcis et simplifie dans un souci d’efficacité. De nombreuses études ont été réalisées sur ces biais cognitifs. Je vous mets un article sur le biais de confirmation en recherche (accrochez-vous bien, ça décoiffe !)

Garder le cap ne consiste pas comme vous l’aurez compris à s’échouer sur l’un des deux écueils en attendant que la tempête passe ou à céder au chant des sirènes.

Garder le cap, c’est être responsable de notre bateau. Par la connaissance de nos biais cognitifs, l’attention diffuse sur ceux qui s’en servent pour nous manipuler et de toute façon la vérité est ailleurs comme dirait Mulder.

Crédit photos canva et wordpress.

Je suis triste et j’ai peur

Canva

Je suis triste et j’ai peur.

On est fier de notre intelligence et de nos gros cerveaux.

Qu’on utilise dans de stupides combats de coqs.

Je suis triste et j’ai peur.

Camp du bien, camp du mal. Pas envie d’écouter ces cons.

Ils ont torts. On a raison ! Faudra bien qu’ils comprennent.

Je suis triste et j’ai peur.

Humanité à la dérive qui cherche une échappatoire à sa souffrance.

Que vont devenir nos enfants ? (les enfants de la Terre ?)

Canva

Je suis triste et j’ai peur.

Ma confiance fragile vacille, ma connexion à la Source bug.

Où est ma foi ? Envolée avec la fraternité ? Partie avec la solidarité ?

Je suis triste et j’ai peur.

Je m’accroche, me traîne, me hisse ….

Je m’extirpe, décroche, ouvre la porte et sors … Dehors !

Je suis triste et j’ai peur.

Les arbres du jardin m’accueillent en frémissant sous une brise fraîche.

La forêt toute proche me tend les bras.

Crédit photo : Steeve Domergue

Je suis moins triste et j’ai encore un peu peur.

Les chevaux hennissent en me reconnaissant, le chien saute de joie à l’idée d’une promenade.

Le chat se sauve, outré par tant d’agitations, un sourire timide se fraye un chemin sur mon visage.

Canva

Je ne suis plus triste et je n’ai plus peur.

Je respire profondément, mon cœur se calme. Je me rappelle que je fais partie du tout.

Je sors du cauchemar et me réveille en sentant l’herbe humide sous mes mains et mes pieds.

Les pieds sur la Terre, le souffle vivifiant dans tout mon corps,

Je sors enfin du rêve de la dualité pour expérimenter l’unité. Je n’ai jamais été séparée.

Je l’ai juste rêvé (cauchemardé) et je viens de m’en rappeler

Quel est le lien entre créativité et dos ?

La créativité est une activité qui permet de concrétiser, mettre en matière une partie de l’imaginaire (par l’écriture, la peinture, la musique, la danse, etc.) Elle permet l’expression de l’intime de soi, de montrer une représentation de votre monde intérieur.

Canva

Le dos est l’endroit du corps qui manifeste le mieux la façon dont nous (sup)portons notre vie. Plein d’expressions le traduisent :

  • en avoir plein le dos
  • tourner le dos à quelqu’un, à une situation
  • avoir quelqu’un (un collègue, sa belle-mère, son chef) sur le dos
  • recevoir un coup de poignard dans le dos (dans le cas d’une trahison)

Vous avez sans doute d’autres expressions aussi parlantes qui vous viennent en tête et que vous pouvez mettre en commentaire en bas de page.

Le jeune enfant qui vit dans son imaginaire, qui le met en scène sous forme de jeu, qui ne subit aucune pression ressemble à un roseau souple.

Canva

Puis les aléas de la vie, les contraintes (scolaires, familiales, sociales, etc), les petites et grandes trahisons, les déceptions, les obligations rigidifient la posture pour pouvoir porter et supporter ce sac supplémentaire contenant toutes les émotions bloquées.

L’imaginaire est relegué loin derrière les priorités et les urgences, la nécessité d’être pragmatique tue la créativité. L’enfant devenu grand oublie cet enfant intérieur qui a besoin de chanter, danser, sauter pieds nus dans les flaques.

Le dos se bloque petit à petit par étage, d’abord les lombaires puis le milieu, les épaules et enfin la nuque. Ou massivement d’un coup. L’impression d’être devenu un ours en armure (référence aux romans « à la croisée des mondes » de Philip Pullman) qui ne peut plus plier ou se courber installe une posture figée accompagnée de douleurs incapacitantes.

Iorek Byrnison – À la croisée des mondes.

Les solutions ?

Respirer, chanter, danser, se libérer des peurs et des angoisses, trouver un équilibre intérieur, se (re)connaître.

Pour aller plus loin, vous pouvez recevoir un guide qui recense 5 techniques pour mieux respirer en moins de 5 minutes.

Lâcher-prise et toucher le fond

Puits initiatique du palais de la Regaleira

Crédit photo : canva

Je sors tout juste d’une crise de dorsalgie qui a duré trois mois. Trois mois d’enfer… de douleurs, de doutes, de colère, de désespoir, de petits mieux et de grands pleurs le lendemain. Mon dos me brûle, me pique, me vrille, me torture, me réveille la nuit plusieurs fois. Je suis épuisée. Je déteste ce corps de souffrance. Et puis aussi trois mois à entendre les conseils de tout un chacun voulant aider (il faut manger comme ci ou comme ça, tu devrais marcher, t’as essayé ceci ou cela, respire dans la douleur, etc). Si ça part d’une bonne intention, c’est malheureusement source de souffrances supplémentaires et d’un sentiment de solitude.

Ce lundi de septembre, me voilà au bout de ma vie (comme disent mes enfants et les jeunes en général), murée au fond de mon puits de souffrance. Vous avez remarqué comme on se sent encore plus seule entourée de gens qui ne vous comprennent pas ? Là, dans un dernier de sursaut de révolte, j’affirme, je crie : « Si c’est ça le reste de ma vie, je joue plus ! » Mon mari compatissant, témoin impuissant de tout le processus, me dit qu’il me comprend. Pas de jugement, pas de grands discours. Juste de la présence.

À ce moment précis, j’ai lâché prise. J’ai été entendue. Je ne le sais pas encore mais j’ai touché le fond. Je ne peux que remonter.

Le lendemain matin, je vais mieux. Encore prudente et méfiante, je ne crois qu’à moitié à ce mieux. Les jours passent, ça se confirme. J’avance doucement comme sur de la glace. S’il y a encore de la douleur, le niveau est très supportable. Plus rien à voir avec avant.

Pourquoi je vous raconte tout ça ? Parce que le lâcher-prise est une notion assez abstraite, qu’il prend des formes très différentes en fonction de l’événement ou de la personne. Avant, mon image de lâcher-prise avait tout du moine tibétain assis en tailleur qui médite en regardant la montagne. Autant le dire, rien à voir avec ce que j’ai vécu lundi. Bon, à la fois, je suis plus proche dans mon caractère de la guerrière amazone (pacifique la guerrière, de plus en plus, en tout cas j’y travaille) que du moine tibétain !

J’ai lu un livre qui parlait de résumer sa vie en une phrase qui mélange qui on est et ce qu’on accomplit. Je me suis prêtée à l’exercice. Alors :

Je suis une femme de presque cinquante ans qui apprend chaque jour de la vie et qui transmet cette connaissance en l’écrivant.

Et vous ? Quelle est votre expérience la plus marquante de lâcher-prise ? Racontez-moi.

Quelle serait votre phrase ?