Je suis triste et j’ai peur

Je suis triste et j’ai peur.

On est fier de notre intelligence et de nos gros cerveaux.

Qu’on utilise dans de stupides combats de coqs.

Je suis triste et j’ai peur.

Camp du bien, camp du mal. Pas envie d’écouter ces cons.

Ils ont torts. On a raison ! Faudra bien qu’ils comprennent.

Je suis triste et j’ai peur.

Humanité à la dérive qui cherche une échappatoire à sa souffrance.

Que vont devenir nos enfants ? (les enfants de la Terre ?)

Je suis triste et j’ai peur.

Ma confiance fragile vacille, ma connexion à la Source bug.

Où est ma foi ? Envolée avec la fraternité ? Partie avec la solidarité ?

Je suis triste et j’ai peur.

Je m’accroche, me traîne, me hisse ….

Je m’extirpe, décroche, ouvre la porte et sors … Dehors !

Je suis triste et j’ai peur.

Les arbres du jardin m’accueillent en frémissant sous une brise fraîche.

La forêt toute proche me tend les bras.

Je suis moins triste et j’ai encore un peu peur.

Les chevaux hennissent en me reconnaissant, le chien saute de joie à l’idée d’une promenade.

Le chat se sauve, outré par tant d’agitations, un sourire timide se fraye un chemin sur mon visage.

Je ne suis plus triste et je n’ai plus peur.

Je respire profondément, mon cœur se calme. Je me rappelle que je fais partie du tout.

Je sors du cauchemar et me réveille en sentant l’herbe humide sous mes mains et mes pieds.

Les pieds sur la Terre, le souffle vivifiant dans tout mon corps,

Je sors enfin du rêve de la dualité pour expérimenter l’unité. Je n’ai jamais été séparée.

Je l’ai juste rêvé (cauchemardé) et je viens de m’en rappeler

Quel est le lien entre créativité et dos ?

La créativité est une activité qui permet de concrétiser, mettre en matière une partie de l’imaginaire (par l’écriture, la peinture, la musique, la danse, etc.) Elle permet l’expression de l’intime de soi, de montrer une représentation de votre monde intérieur.

Le dos est l’endroit du corps qui manifeste le mieux la façon dont nous (sup)portons notre vie. Plein d’expressions le traduisent :

  • en avoir plein le dos
  • tourner le dos à quelqu’un, à une situation
  • avoir quelqu’un (un collègue, sa belle-mère, son chef) sur le dos
  • recevoir un coup de poignard dans le dos (dans le cas d’une trahison)

Vous avez sans doute d’autres expressions aussi parlantes qui vous viennent en tête et que vous pouvez mettre en commentaire en bas de page.

Le jeune enfant qui vit dans son imaginaire, qui le met en scène sous forme de jeu, qui ne subit aucune pression ressemble à un roseau souple.

Puis les aléas de la vie, les contraintes (scolaires, familiales, sociales, etc), les petites et grandes trahisons, les déceptions, les obligations rigidifient la posture pour pouvoir porter et supporter ce sac supplémentaire contenant toutes les émotions bloquées.

L’imaginaire est relegué loin derrière les priorités et les urgences, la nécessité d’être pragmatique tue la créativité. L’enfant devenu grand oublie cet enfant intérieur qui a besoin de chanter, danser, sauter pieds nus dans les flaques.

Le dos se bloque petit à petit par étage, d’abord les lombaires puis le milieu, les épaules et enfin la nuque. Ou massivement d’un coup. L’impression d’être devenu un ours en armure (référence aux romans « à la croisée des mondes » de Philip Pullman) qui ne peut plus plier ou se courber installe une posture figée accompagnée de douleurs incapacitantes.

Iorek Byrnison – À la croisée des mondes.

Les solutions ?

Respirer, chanter, danser, se libérer des peurs et des angoisses, trouver un équilibre intérieur, se (re)connaître.

Pour aller plus loin, vous pouvez recevoir un guide qui recense 5 techniques pour mieux respirer en moins de 5 minutes.

Lâcher-prise et toucher le fond

Puits initiatique du palais de la Regaleira

Crédit photo : canva

Je sors tout juste d’une crise de dorsalgie qui a duré trois mois. Trois mois d’enfer… de douleurs, de doutes, de colère, de désespoir, de petits mieux et de grands pleurs le lendemain. Mon dos me brûle, me pique, me vrille, me torture, me réveille la nuit plusieurs fois. Je suis épuisée. Je déteste ce corps de souffrance. Et puis aussi trois mois à entendre les conseils de tout un chacun voulant aider (il faut manger comme ci ou comme ça, tu devrais marcher, t’as essayé ceci ou cela, respire dans la douleur, etc). Si ça part d’une bonne intention, c’est malheureusement source de souffrances supplémentaires et d’un sentiment de solitude.

Ce lundi de septembre, me voilà au bout de ma vie (comme disent mes enfants et les jeunes en général), murée au fond de mon puits de souffrance. Vous avez remarqué comme on se sent encore plus seule entourée de gens qui ne vous comprennent pas ? Là, dans un dernier de sursaut de révolte, j’affirme, je crie : « Si c’est ça le reste de ma vie, je joue plus ! » Mon mari compatissant, témoin impuissant de tout le processus, me dit qu’il me comprend. Pas de jugement, pas de grands discours. Juste de la présence.

À ce moment précis, j’ai lâché prise. J’ai été entendue. Je ne le sais pas encore mais j’ai touché le fond. Je ne peux que remonter.

Le lendemain matin, je vais mieux. Encore prudente et méfiante, je ne crois qu’à moitié à ce mieux. Les jours passent, ça se confirme. J’avance doucement comme sur de la glace. S’il y a encore de la douleur, le niveau est très supportable. Plus rien à voir avec avant.

Pourquoi je vous raconte tout ça ? Parce que le lâcher-prise est une notion assez abstraite, qu’il prend des formes très différentes en fonction de l’événement ou de la personne. Avant, mon image de lâcher-prise avait tout du moine tibétain assis en tailleur qui médite en regardant la montagne. Autant le dire, rien à voir avec ce que j’ai vécu lundi. Bon, à la fois, je suis plus proche dans mon caractère de la guerrière amazone (pacifique la guerrière, de plus en plus, en tout cas j’y travaille) que du moine tibétain !

J’ai lu un livre qui parlait de résumer sa vie en une phrase qui mélange qui on est et ce qu’on accomplit. Je me suis prêtée à l’exercice. Alors :

Je suis une femme de presque cinquante ans qui apprend chaque jour de la vie et qui transmet cette connaissance en l’écrivant.

Et vous ? Quelle est votre expérience la plus marquante de lâcher-prise ? Racontez-moi.

Quelle serait votre phrase ?