Dans son œil… une histoire de lien affectif. Chap 4.

4ème chapitre – Un long fleuve tranquille ?

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Le travail en carrière se passe de mieux en mieux. On commence enfin à communiquer. Pas aussi bien que ce que je voudrais mais au moins Eyota essaie de me comprendre et ne prend pas la tangente systématiquement. On progresse !

Je poursuis mon travail de charme en l’emmenant brouter ou se balader sur les hauteurs. J’aimerais qu’elle me voit comme quelqu’un de confiance. Et ça a l’air de fonctionner.

Toujours un peu trop pressée, je décide qu’aujourd’hui, un jour où il fait particulièrement beau, que j’ai tout mon temps, je vais la monter et qu’on va faire un tour sur les chemins qu’elle connaît. Rien de compliqué, un tour tranquille au pas comme on l’a fait plusieurs fois, elle et moi, à pied. Pleine d’optimisme, je la brosse, lui cure les pieds, la selle. Elle s’agite et semble nerveuse. J’ai un doute. Je décide de marcher un peu avant de monter. Peut être que la selle la gêne ou n’est pas bien en place.

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Je marche, je marche et à mes côtés, Eyota ne se calme pas. Bien au contraire. Pleine de vie, elle danse à mes côtés. Je crois que je me suis trompée. Ce n’est pas la selle le problème, mais une énergie débordante. Au bout de trois quarts d’heure, j’en suis toujours à lui demander de marcher moins vite, de m’attendre, à négocier un peu de calme … Je suis moi-même complètement équipée (casque, gilet air-bag, bottes) et elle m’épuise avec sa vivacité printanière. Elle reste très respectueuse (elle ne me bouscule pas, ne me marche pas dessus) mais marche ou sautille comme un cabris toutes les deux secondes. Même brouter ne la tente pas. Je ne sais pas quoi faire d’autre et me concentre pour rester calme, centrée, attentive à tout. Vivement qu’on rentre…

Le premier signe de relâchement et de détente arrive enfin à cinq cents mètres des écuries… Autant dire qu’on est arrivé. Je souffle de dérision. Je ne vais pas monter au milieu du chemin, seule, au péril de me rater…

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On arrive enfin aux écuries. Je rattache la longe et contemple Eyota. Elle a cet air tranquille auquel je me suis habituée. Elle a l’air de me dire: ben alors ? On fait quoi ? Tu montes pas ? On se regarde et au bout de plusieurs secondes d’un dialogue muet, je me décide. De toute façon, je suis déjà équipée. Je place le marche-pied (j’épargne toujours le dos des chevaux quand j’ai le choix. C’est pas terrible de s’appuyer de tout son poids sur un étrier pour monter. Et je n’ai pas la souplesse pour sauter sur son dos), grimpe à hauteur et me glisse en selle. Pas de réaction. Je m’assois correctement, chausse les étriers et me centre. Tout a l’air bon. Je détache Eyota de la longe accrochée à l’anneau du mur et lui demande de se mettre en route. Ce qu’elle fait avec bonne volonté. Je descends la rue, tourne, la remonte. Je ne sais pas trop où aller ni quoi faire. Je n’y ai pas réfléchi. La jument zigzag à l’image de mon indécision. J’avais renoncé à monter, du coup, je suis posée là sans but précis. Devant son interrogation, j’admets que je n’ai pas réponse et je préfère rester sur une note positive donc je descends.

Je crois bien que ma vie équestre avec Eyota va être loin d’un long fleuve tranquille !

A suivre…

Dans son œil… une histoire de lien affectif. Chap 3.

3ème chapitre – Où est passée ma connexion ?

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C’est l’hiver mais on a de la chance. Pour l’instant, pas de gel. Les terrains sont praticables donc allons-y ! Sauf que… rien ne va. La belle est aux aguets et ne me fait pas confiance. Elle est super bien éduquée et ne me bouscule pas, ne me marche pas dessus mais pour le reste, elle ne me donne rien. Ni sa confiance, ni ses pieds.

Pourquoi je parle de pieds ? Un cheval qui ne donne pas ses pieds, c’est mauvais signe. Elle préfère garder ses 4 pieds au sol pour pouvoir fuir si besoin. En carrière, pareil. Elle fait des huit, court dans tous les sens sans jamais m’approcher. Je peux l’attraper sans problème pour la remettre au box mais elle n’a aucune envie de suivre mes consignes de travail comme faire un tour complet d’un côté ou de l’autre. Je la regarde galoper, inatteignable. Où est passée ma si belle connexion ? Disparue, envolée… Je commence à pressentir que je vais ramer pour la retrouver.

Les jours se passent sans grand changement. Je l’emmène à la main pour lui faire découvrir les chemins autour de la maison. Je ne suis pas en forme et j’ai de nouveau des douleurs dans le dos. Il faudrait quand même que quelqu’un la monte pour garder l’habitude. Mon fils accepte de la prendre en balade pour un petit tour et je les suivrai à pied. La belle ne fait pas de difficulté et effectue le tour qu’on avait déjà fait à pied. Elle avance fort, elle marche vite mais sans malice. Elle est curieuse de l’environnement comme un jeune cheval avec un comportement sympa. Ce que m’avait décrit Gwen. Pourtant, je ne retrouve pas la complicité immédiate que j’avais ressentie chez Gwen. Fataliste, je commence à penser que ça ne reviendra peut-être pas. Rien n’est jamais acquis, je le sais bien.

Il faut une première chute pour que je réagisse enfin.

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Rien de grave ! Heureusement. C’est une journée où je n’écoute pas. C’est toujours comme ça. Une journée « il faut », « on doit ». Il faut donc monter la jument. Je l’ai lâchée, défoulée, sellée et mon fils ainé est d’accord pour faire quelques minutes en carrière au pas. L’idée est de marcher, tourner, s’arrêter. Rien de complexe. La jument sait faire. Oui mais… c’est un jour sans pour elle. Elle a l’œil qui frise. C’est à dire, qu’elle s’occupe de tout sauf de nous. Je le vois mais je décide de ne pas en tenir compte. Pourquoi ? Je ne sais pas. Mon fils le sent aussi mais n’en dit rien non plus. Au lieu de rester près de la tête de la jument, je décide de m’éloigner pour les laisser évoluer à deux. Encore pourquoi ? Je ne sais pas. C’est un jour bizarre. La jument est crispée, je devrais dire à mon fils de de ne pas continuer. Je ne le fais pas. Mon fils reste posé et détendu, les rênes en guirlande (totalement relâchées), ça va aller. La jument va se tranquilliser, c’est sûr. Mais dame nature s’en mêle.

Une ronce qui pend des arbres et qu’on a oublié de couper, s’accroche au pull de mon fils. La liane se tend derrière eux avant de se décrocher pour retomber. La jument fuit ce truc bizarre d’abord au trot. Mon fils se dit que c’est ok, qu’elle s’arrêtera au coin suivant. Avant le coin, elle fait deux foulées de galop puis enchaîne sur des sauts de mouton. Mon fils se retrouve les fesses dans le sable en deux temps, trois mouvements.

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Mon fils se relève avec quelques douleurs au postérieur et la jument s’est arrêtée à la porte de la carrière et nous regarde d’un air surpris. Genre : que s’est-il passé ? Pourquoi t’es par terre ?

Okayyyyyyy. Voilà, voilà. Mon fils remonte. Ce coup-ci, je tiens la bête ! Quelques pas à droite, à gauche. C’est bon. On arrête là. Il faut que je repense notre relation. On ne se comprend pas !

J’ai un vieux pur-sang arabe qui sait tout faire en carrière. Enchaîner les tours à l’allure demandée, changer de main (c’est à dire de côté), s’arrêter, repartir à la voix. On ne parle pas le même langage, elle et moi. Elle parle cheval et moi je parle au pur-sang. Le seul hic, c’est que le pur-sang n’aime pas partager l’espace avec un cheval inconnu et si elle le colle, il va taper. Au moins, ils ne sont pas ferrés et je suis là pour râler s’il essaye. Ça l’arrête en général. J’aurai du coup les yeux plus sur lui.

Effectivement, elle le suit comme son ombre, ça agace mon vieux qui s’arrête pour taper. Elle prend le coup dans le poitrail avant que j’ai eu le temps de crier. Ni une ni deux, elle se retourne (elle est très souple) et lui rend un coup de pied bien senti dans la cuisse. Comme j’ai crié, tout le monde repart en avant. Ils n’ont pas fait un tour que ça recommence. Il tape et elle lui rend. Dans le calme, tranquille. J’ai jamais vu ça ! Ensuite, c’est réglé. La séance se passe nickel. Je tiens peut-être quelque chose.

À suivre…

Mes bonnes résolutions 2021.

En ce début d’année, pas mal de questions se posent pour moi. Suis-je thérapeute ? Suis-je écrivain ? Un hybride entre les deux ? Comment vais-je encaisser cette nouvelle année qui a l’air d’être un comique de répétition de 2020 ? Comment vais-je m’en sortir (financièrement, socialement, professionnellement) ? Et ma famille ? Mes ami.e.s ?

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Quand le mental s’emballe, revenir aux basiques (respiration, moment présent, ancrage) avant de prendre toute décision définitive. Oui, mais quand c’est chaque jour que ces questions se posent ? Quand c’est chaque jour qu’on n’a un peu moins de contrôle sur sa vie, un peu moins d’espoir d’un avenir meilleur (du fait de la décision de quelques uns qui nous gouvernent) ?

J’ai terminé l’année avec un déficit de joie, d’espoir. Je n’y arrive plus malgré tous mes outils, toutes mes connaissances. J’ai juste envie de me cacher au fond d’un trou, d’une grotte, d’une cabane perdue au fond des bois… Je croyais en la démocratie, je croyais en notre système de justice (pas parfait mais pas si mal), en notre système médical (un des meilleurs au monde), en notre système public. Aujourd’hui, je regarde nos décideurs, nos politiques démanteler nos institutions et je me sens triste. Les belles années sont-elles derrière nous ?

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Où est le héro qui nous sauvera ? Où est celui ou celle qui aura le courage de se lever contre ceux qui font n’importe quoi pour quelques euros de plus ? Nulle part. Partout. Perdu.e.s dans la division (diviser pour mieux régner), dans le virtuel (du pain et des jeux), persuadé.e.s que quelqu’un d’autre fera le boulot.

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Quand on a perdu tous ses repères, toutes ses croyances, que reste-t-il ? Il reste l’essentiel. Moi, nous. Chaque choix, chaque valeur que nous respectons impacte notre environnement direct puis de plus en plus lointain comme les cercles concentriques dans une mare. Nous influençons le monde autour de nous. Nous sommes créateurs de nos vies, créateurs de réalité.

Je ne prends plus d’engagement de nouvelle année depuis 1995, l’année où j’ai arrêté de fumer. Je crois que 2021 est une bonne année pour s’y remettre. Je m’engage à rester centrée, alignée, à respecter mes valeurs toute au long de l’année, et à garder le cap envers et contre tout.

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Et vous ?

La toute première fois

Est-ce que vous vous souvenez de la première fois où quelqu’un vous a réellement écouté ? Moi, oui ! C’était en formation de thérapeute à l’Eepssa de Strasbourg, l’exercice consistait à s’écouter mutuellement pendant 20 min ou peut-être ½ heure.

J’étais donc assise face à mon partenaire d’exercice. Je ne me souviens plus si c’était l’été ou l’hiver, comment j’étais habillée ou même le prénom de mon vis-à-vis. C’était il y a plus de 10 ans et j’ai une mauvaise mémoire des prénoms sauf pour les chevaux mais c’est une autre histoire. Donc j’étais assise et je l’écoutais vraiment, en silence sans juger, sans le couper avec juste quelques mouvements de tête ou un sourire discret pour lui montrer que j’écoutais toujours. Je ne me souviens plus du tout du sujet qu’il a abordé, ni d’aucune phrase mais je me rappelle très bien son commentaire après cette séance où très ému, il m’a annoncé que c’était une expérience incroyable. J’avais hâte de la vivre.

Après une petite pause-café, tisane, pipi, j’ai pris la place de la “patiente” et lui du « thérapeute ». J’ai parlé, parlé, parlé. Aujourd’hui je suis incapable de me souvenir du sujet mais je me rappelle parfaitement la sensation ! Il avait raison : une expérience singulière avec un sentiment d’être accueillie totalement, d’être une personne intéressante, digne d’être entendue et enfin d’avoir pu aller au bout du processus de mes pensées et d’y trouver la clé de compréhension du problème dont je parlais. J’aimerais encore revivre ce moment, cette première fois où surprise et enthousiaste, je découvrais la puissance d’être écoutée sans être interrompue, jugée ou conseillée. J’ai su à ce moment précis que je voulais plus que tout être ce genre de thérapeute.

Et vous ? Avez-vous vécu un tel moment ? Qu’avez-vous ressenti ? J’adorerais entendre vos expériences sur ce sujet, partagez-les en commentaire.

Dis ! Tu m’écoutes ?

Attention cet article parle de votre mari, femme, conjoint, compagnon, belle-mère, meilleur(e) ami(e) !

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Avez-vous déjà vécu ce moment où votre mari, femme, conjoint, compagnon, votre meilleure amie (rayer la mention inutile) a les yeux qui se perdent dans le vide ou pire commence à regarder son téléphone quand vous lui parlez de quelque chose de vraiment important pour vous ? Ou pire encore vous coupe pour parler d’un autre sujet complètement futile comme la liste des prochaines courses ou la nécessité d’appeler les beaux-parents pour le dîner hebdomadaire. Frustrant et agaçant, non ?

Il y a aussi les biens intentionné(e)s qui veulent vous trouver une solution avant même que vous n’ayez fini de parler. Cette sensation d’avoir été expédié(e) est bien désagréable.

Et il y a les « moi aussi » qui veulent vous montrer combien ils savent que vous souffrez. Quand vous parlez, ils vous interrompent pour affirmer qu’eux aussi ont vécu ça : « moi aussi ma belle-mère ceci ou mon mari cela… » Le combo vient quand ils enchaînent sur la solution ultime qui a tout résolu… pour eux !

Rien ne sert de se fâcher même si vous auriez toutes les raisons de le faire. Je me rappelle de moments comme ça avec mon mari où quand ses yeux se perdaient dans le vide, j’arrêtais de parler pour lui asséner quand il me redonnait son attention face à mon silence au bout de quelques secondes : « Tu peux répéter mes trois derniers mots ? » Et ma jubilation quand il bégayait des mots au hasard saisis dans mon discours. Mais voilà, ça ne résout pas le problème et crée plus de frustration que de joie en définitive puisqu’il y a un perdant et un gagnant.

J’ai cherché d’autres façons de faire qui soit gagnant-gagnant. Et c’est tellement plus satisfaisant.

Faites-vous le cadeau d’être écouté(e) sans être interrompu(e), sans recevoir de conseils non sollicités, sans entendre de « moi aussi ». Je vous propose 3/4 heure de pleine écoute et 1/4 de débriefing pour une expérience qui fait du bien.

Quelle place pour les femmes ?

J’aime le partage, la solidarité, les interactions. Je suis un animal profondément social et ma formation de thérapeute est humaniste et intégrative.

J’aimerais que vous partagiez avec moi les sujets qui vous tiennent à cœur, vos questions fondamentales et que nous puissions confronter nos points de vue. Ce format sera bien plus intéressant et riche pour toute notre communauté.

Connaissez-vous le mythe de la caverne de Platon ? Ou l’autre version, celle de la ville au fond du puits ? J’aime bien l’allégorie de la ville au fond du puits :

Il y  une ville au fond d’un puits assez profond recouvert d’une grille en caillebottis. Il est impossible d’embrasser toute la vue sur la ville à travers le treillis sauf à se déplacer autour du puits et à regarder au fond depuis chaque position pour se donner une idée d’ensemble.

Vous saisissez le parrallèle avec la Vie ou les événements ? Moi j’adore cette image ! Je me la remémore souvent quand j’ai tendance à vouloir adopter un point de vue unique.

Un autre proverbe qu’une de mes amies prononce souvent dit d’ailleurs : qui n’a qu’un son, n’a qu’une cloche. (plus connu sous : qui n’entend qu’une cloche, n’entend qu’un son) Je ne compare personne à une cloche ! Je tiens à le préciser des fois que l’une d’entre vous l’aurait pensé. 😆

Je crois intuitivement et profondément que nous contribuons à l’état du monde actuel par nos états intérieurs. Je suis adepte du principe dérivé alchimique de ce qui est à l’intérieur (de nous) est comme ce qui est à l’extérieur. Pour que le monde aille mieux, ce n’est pas à l’extérieur qu’il faut agir mais à l’intérieur de nous. Ce qui ne nous empêche pas d’agir à l’extérieur. Ne me faites pas dire ce que je n’ai pas dit !!! Mais agir à l’extérieur sans avoir travailler sur son intériorité nourrit surtout les égrégores de séparativité.

Je crois au pouvoir des femmes, à leur vision moins manichéenne de la Vie, à leur capacité d’embrasser de larges points de vue. D’ailleurs le mythe (encore un) de l’homme chasseur fort et de la femme cueilleuse faible est tombé il n’y a pas si longtemps. Je vous mets un article qui en parle :

https://www.geo.fr/histoire/prehistoire-quelle-place-pour-les-femmes-189054

Je souhaite réellement partager quelque chose avec vous et créer une communauté active. Je vous répondrai personnellement. Ce n’est pas une annonce dans le vide, je tiens mes engagements pris, c’est une de mes règles de vie. Un bémol tout de même, je ne réponds qu’aux commentaires ou questions ayant un rapport avec le sujet. Je le précise parce que je reçois pas mal de trucs en anglais pour l’instant, ayant vocation de spam (mon impuissance érectile, mon classement SEO et autres sont envoyés direct à la poubelle).

Crédit photo : canva

Quels sont les sujets qui vous intéressent ? Quel problème auriez-vous besoin de confronter à l’avis d’autres femmes ou à mon avis ? Quelles techniques ou solutions avez-vous envie de partager ? Quelle est votre vision d’un monde meilleur ? Voilà quelques questions que je me pose. 😉

J’attends avec impatience vos réponses, remarques, commentaires.