Dans son œil… une histoire de lien affectif. Chap 5.

5ème chapitre – On n’est pas arrivé !

On est déjà en juin… Que s’est-il passé depuis la dernière fois ?

Tout et rien. Pas grand chose mais des montagnes russes émotionnelles. On ne se comprend pas, on ne se fait pas confiance et puis… il y a le matériel : le mors, la selle. Rien ne semble convenir. Ou c’est moi. Je ne sais pas. Je ne sais plus… Mais revenons aux événements dans l’ordre chronologique.

Quelques jours après le tour désastreux de la dernière fois, je décide de remonter. Rien d’extraordinaire, juste le tour de la place. On s’échauffe, on se défoule, on marche (tout ça à pied dans la carrière) pour mettre le plus de chances de notre côté que ça se passe bien.

Une fois en selle, ce tour minuscule prend des proportions dantesques. La jument est mal à l’aise, je commence à psychoter sur le fait de tomber sur le bitume… J’essaie d’arrêter la machinerie mentale avec des exercices respiratoires. Ça fonctionne un peu. Je descends avant la fin du tour en ayant eu du mal à obtenir un arrêt. C’est décevant mais pas inattendu. On ne se connait pas et on se fait pas confiance. Qu’à cela ne tienne, le travail à pied, c’est la vie !

Retour dans la carrière, retour aux balades à pied. On est ensemble mais sans plus. Tout ça donne une impression de travail forcé, d’obligation. C’est pas par là qu’on va progresser. Et puis il y a un souci avec la selle. La jument se précipite puis part en saut de mouton quand je la longe. Je contacte le sellier pour voir comment arranger ça. Et puis, voir la jument sauter, bondir, ruer, ne donne pas envie de la monter… La peur et l’appréhension s’installent durablement.

Je laisse tomber petit à petit. La jument n’a que 5 ans et puis elle est en pâture. Elle a déjà de bonnes bases. Ma mauvaise foi n’a pas de limite !

Une amie vient alors à la maison et propose de me tenir en longe pendant une balade pour me sécuriser. Je ne suis pas super enthousiaste mais elle insiste tellement que je me laisse convaincre. La jument bouge beaucoup la tête, marche super vite mais rien de plus. Ça ne s’est pas mal passé mais c’est pas fluide non plus. Ça a au moins le mérite de nous sortir du blocage et j’ai le sourire. Je sais bien que je suis le problème dans notre couple centaure.

Je retourne à mon train train d’écriture / corrections. J’ai besoin de calme et de sérénité et puis les chevaux sont en pâture. Ils sont biens. Si je monte à cheval, je choisis la facilité, je prends le vieux pur-sang que je connais par cœur. J’ai prévu un séjour en Bretagne chez ma sœur, ça serait bête que je me fasse mal avant d’y aller. Je suis trop vieille pour ces conneries… Bref ! J’ai tout un tas d’excuses en stock pour ne pas m’y mettre.

On n’est pas arrivé… L’appréhension est bien installé et le désir, l’envie, totalement envolés.

À suivre…

Dans son œil… une histoire de lien affectif. Chap 4.

4ème chapitre – Un long fleuve tranquille ?

Crédit : Canva

Le travail en carrière se passe de mieux en mieux. On commence enfin à communiquer. Pas aussi bien que ce que je voudrais mais au moins Eyota essaie de me comprendre et ne prend pas la tangente systématiquement. On progresse !

Je poursuis mon travail de charme en l’emmenant brouter ou se balader sur les hauteurs. J’aimerais qu’elle me voit comme quelqu’un de confiance. Et ça a l’air de fonctionner.

Toujours un peu trop pressée, je décide qu’aujourd’hui, un jour où il fait particulièrement beau, que j’ai tout mon temps, je vais la monter et qu’on va faire un tour sur les chemins qu’elle connaît. Rien de compliqué, un tour tranquille au pas comme on l’a fait plusieurs fois, elle et moi, à pied. Pleine d’optimisme, je la brosse, lui cure les pieds, la selle. Elle s’agite et semble nerveuse. J’ai un doute. Je décide de marcher un peu avant de monter. Peut être que la selle la gêne ou n’est pas bien en place.

Crédit : Canva

Je marche, je marche et à mes côtés, Eyota ne se calme pas. Bien au contraire. Pleine de vie, elle danse à mes côtés. Je crois que je me suis trompée. Ce n’est pas la selle le problème, mais une énergie débordante. Au bout de trois quarts d’heure, j’en suis toujours à lui demander de marcher moins vite, de m’attendre, à négocier un peu de calme … Je suis moi-même complètement équipée (casque, gilet air-bag, bottes) et elle m’épuise avec sa vivacité printanière. Elle reste très respectueuse (elle ne me bouscule pas, ne me marche pas dessus) mais marche ou sautille comme un cabris toutes les deux secondes. Même brouter ne la tente pas. Je ne sais pas quoi faire d’autre et me concentre pour rester calme, centrée, attentive à tout. Vivement qu’on rentre…

Le premier signe de relâchement et de détente arrive enfin à cinq cents mètres des écuries… Autant dire qu’on est arrivé. Je souffle de dérision. Je ne vais pas monter au milieu du chemin, seule, au péril de me rater…

Crédit : Canva

On arrive enfin aux écuries. Je rattache la longe et contemple Eyota. Elle a cet air tranquille auquel je me suis habituée. Elle a l’air de me dire: ben alors ? On fait quoi ? Tu montes pas ? On se regarde et au bout de plusieurs secondes d’un dialogue muet, je me décide. De toute façon, je suis déjà équipée. Je place le marche-pied (j’épargne toujours le dos des chevaux quand j’ai le choix. C’est pas terrible de s’appuyer de tout son poids sur un étrier pour monter. Et je n’ai pas la souplesse pour sauter sur son dos), grimpe à hauteur et me glisse en selle. Pas de réaction. Je m’assois correctement, chausse les étriers et me centre. Tout a l’air bon. Je détache Eyota de la longe accrochée à l’anneau du mur et lui demande de se mettre en route. Ce qu’elle fait avec bonne volonté. Je descends la rue, tourne, la remonte. Je ne sais pas trop où aller ni quoi faire. Je n’y ai pas réfléchi. La jument zigzag à l’image de mon indécision. J’avais renoncé à monter, du coup, je suis posée là sans but précis. Devant son interrogation, j’admets que je n’ai pas réponse et je préfère rester sur une note positive donc je descends.

Je crois bien que ma vie équestre avec Eyota va être loin d’un long fleuve tranquille !

A suivre…

Dans son œil… une histoire de lien affectif. Chap 3.

3ème chapitre – Où est passée ma connexion ?

crédit photo : canva

C’est l’hiver mais on a de la chance. Pour l’instant, pas de gel. Les terrains sont praticables donc allons-y ! Sauf que… rien ne va. La belle est aux aguets et ne me fait pas confiance. Elle est super bien éduquée et ne me bouscule pas, ne me marche pas dessus mais pour le reste, elle ne me donne rien. Ni sa confiance, ni ses pieds.

Pourquoi je parle de pieds ? Un cheval qui ne donne pas ses pieds, c’est mauvais signe. Elle préfère garder ses 4 pieds au sol pour pouvoir fuir si besoin. En carrière, pareil. Elle fait des huit, court dans tous les sens sans jamais m’approcher. Je peux l’attraper sans problème pour la remettre au box mais elle n’a aucune envie de suivre mes consignes de travail comme faire un tour complet d’un côté ou de l’autre. Je la regarde galoper, inatteignable. Où est passée ma si belle connexion ? Disparue, envolée… Je commence à pressentir que je vais ramer pour la retrouver.

Les jours se passent sans grand changement. Je l’emmène à la main pour lui faire découvrir les chemins autour de la maison. Je ne suis pas en forme et j’ai de nouveau des douleurs dans le dos. Il faudrait quand même que quelqu’un la monte pour garder l’habitude. Mon fils accepte de la prendre en balade pour un petit tour et je les suivrai à pied. La belle ne fait pas de difficulté et effectue le tour qu’on avait déjà fait à pied. Elle avance fort, elle marche vite mais sans malice. Elle est curieuse de l’environnement comme un jeune cheval avec un comportement sympa. Ce que m’avait décrit Gwen. Pourtant, je ne retrouve pas la complicité immédiate que j’avais ressentie chez Gwen. Fataliste, je commence à penser que ça ne reviendra peut-être pas. Rien n’est jamais acquis, je le sais bien.

Il faut une première chute pour que je réagisse enfin.

crédit photo : canva

Rien de grave ! Heureusement. C’est une journée où je n’écoute pas. C’est toujours comme ça. Une journée « il faut », « on doit ». Il faut donc monter la jument. Je l’ai lâchée, défoulée, sellée et mon fils ainé est d’accord pour faire quelques minutes en carrière au pas. L’idée est de marcher, tourner, s’arrêter. Rien de complexe. La jument sait faire. Oui mais… c’est un jour sans pour elle. Elle a l’œil qui frise. C’est à dire, qu’elle s’occupe de tout sauf de nous. Je le vois mais je décide de ne pas en tenir compte. Pourquoi ? Je ne sais pas. Mon fils le sent aussi mais n’en dit rien non plus. Au lieu de rester près de la tête de la jument, je décide de m’éloigner pour les laisser évoluer à deux. Encore pourquoi ? Je ne sais pas. C’est un jour bizarre. La jument est crispée, je devrais dire à mon fils de de ne pas continuer. Je ne le fais pas. Mon fils reste posé et détendu, les rênes en guirlande (totalement relâchées), ça va aller. La jument va se tranquilliser, c’est sûr. Mais dame nature s’en mêle.

Une ronce qui pend des arbres et qu’on a oublié de couper, s’accroche au pull de mon fils. La liane se tend derrière eux avant de se décrocher pour retomber. La jument fuit ce truc bizarre d’abord au trot. Mon fils se dit que c’est ok, qu’elle s’arrêtera au coin suivant. Avant le coin, elle fait deux foulées de galop puis enchaîne sur des sauts de mouton. Mon fils se retrouve les fesses dans le sable en deux temps, trois mouvements.

crédit photo : canva

Mon fils se relève avec quelques douleurs au postérieur et la jument s’est arrêtée à la porte de la carrière et nous regarde d’un air surpris. Genre : que s’est-il passé ? Pourquoi t’es par terre ?

Okayyyyyyy. Voilà, voilà. Mon fils remonte. Ce coup-ci, je tiens la bête ! Quelques pas à droite, à gauche. C’est bon. On arrête là. Il faut que je repense notre relation. On ne se comprend pas !

J’ai un vieux pur-sang arabe qui sait tout faire en carrière. Enchaîner les tours à l’allure demandée, changer de main (c’est à dire de côté), s’arrêter, repartir à la voix. On ne parle pas le même langage, elle et moi. Elle parle cheval et moi je parle au pur-sang. Le seul hic, c’est que le pur-sang n’aime pas partager l’espace avec un cheval inconnu et si elle le colle, il va taper. Au moins, ils ne sont pas ferrés et je suis là pour râler s’il essaye. Ça l’arrête en général. J’aurai du coup les yeux plus sur lui.

Effectivement, elle le suit comme son ombre, ça agace mon vieux qui s’arrête pour taper. Elle prend le coup dans le poitrail avant que j’ai eu le temps de crier. Ni une ni deux, elle se retourne (elle est très souple) et lui rend un coup de pied bien senti dans la cuisse. Comme j’ai crié, tout le monde repart en avant. Ils n’ont pas fait un tour que ça recommence. Il tape et elle lui rend. Dans le calme, tranquille. J’ai jamais vu ça ! Ensuite, c’est réglé. La séance se passe nickel. Je tiens peut-être quelque chose.

À suivre…

Quelle place pour les femmes ?

J’aime le partage, la solidarité, les interactions. Je suis un animal profondément social et ma formation de thérapeute est humaniste et intégrative.

J’aimerais que vous partagiez avec moi les sujets qui vous tiennent à cœur, vos questions fondamentales et que nous puissions confronter nos points de vue. Ce format sera bien plus intéressant et riche pour toute notre communauté.

Connaissez-vous le mythe de la caverne de Platon ? Ou l’autre version, celle de la ville au fond du puits ? J’aime bien l’allégorie de la ville au fond du puits :

Il y  une ville au fond d’un puits assez profond recouvert d’une grille en caillebottis. Il est impossible d’embrasser toute la vue sur la ville à travers le treillis sauf à se déplacer autour du puits et à regarder au fond depuis chaque position pour se donner une idée d’ensemble.

Vous saisissez le parrallèle avec la Vie ou les événements ? Moi j’adore cette image ! Je me la remémore souvent quand j’ai tendance à vouloir adopter un point de vue unique.

Un autre proverbe qu’une de mes amies prononce souvent dit d’ailleurs : qui n’a qu’un son, n’a qu’une cloche. (plus connu sous : qui n’entend qu’une cloche, n’entend qu’un son) Je ne compare personne à une cloche ! Je tiens à le préciser des fois que l’une d’entre vous l’aurait pensé. 😆

Je crois intuitivement et profondément que nous contribuons à l’état du monde actuel par nos états intérieurs. Je suis adepte du principe dérivé alchimique de ce qui est à l’intérieur (de nous) est comme ce qui est à l’extérieur. Pour que le monde aille mieux, ce n’est pas à l’extérieur qu’il faut agir mais à l’intérieur de nous. Ce qui ne nous empêche pas d’agir à l’extérieur. Ne me faites pas dire ce que je n’ai pas dit !!! Mais agir à l’extérieur sans avoir travailler sur son intériorité nourrit surtout les égrégores de séparativité.

Je crois au pouvoir des femmes, à leur vision moins manichéenne de la Vie, à leur capacité d’embrasser de larges points de vue. D’ailleurs le mythe (encore un) de l’homme chasseur fort et de la femme cueilleuse faible est tombé il n’y a pas si longtemps. Je vous mets un article qui en parle :

https://www.geo.fr/histoire/prehistoire-quelle-place-pour-les-femmes-189054

Je souhaite réellement partager quelque chose avec vous et créer une communauté active. Je vous répondrai personnellement. Ce n’est pas une annonce dans le vide, je tiens mes engagements pris, c’est une de mes règles de vie. Un bémol tout de même, je ne réponds qu’aux commentaires ou questions ayant un rapport avec le sujet. Je le précise parce que je reçois pas mal de trucs en anglais pour l’instant, ayant vocation de spam (mon impuissance érectile, mon classement SEO et autres sont envoyés direct à la poubelle).

Crédit photo : canva

Quels sont les sujets qui vous intéressent ? Quel problème auriez-vous besoin de confronter à l’avis d’autres femmes ou à mon avis ? Quelles techniques ou solutions avez-vous envie de partager ? Quelle est votre vision d’un monde meilleur ? Voilà quelques questions que je me pose. 😉

J’attends avec impatience vos réponses, remarques, commentaires.