Dans son œil… une histoire de lien affectif. Chap 2.

2ème chapitre. Arrivée à la maison, premières complications.

C’est décidé ! Gwen m’a transmis des nouvelles régulières. La jument progresse très bien et accepte de sortir seule en extérieur, trotte et galope avec un cavalier. J’ai confiance et je sais qu’elle ne me vendrait pas un cheval inapproprié à mon niveau et à mon état physique. Je confirme que je lui achète.

Credit photo : canva

Une amie, puis deux sont surprises de mon calme. Je ne saute pas de joie partout en hurlant, elles sont plus excitées que moi. Est-ce de la sagesse de ma part ? Du déni ? Une protection ? La certitude que ça va être un long chemin semé d’embuches ? En fait, je n’en sais rien. J’ai longuement hésité puis je me suis laissée porter par les événements. Depuis des années, j’entends l’importance d’écouter son cœur et d’avoir confiance. Et d’expérience, je sais qu’il y aura des moments difficiles. Je suis prête.

La première complication arrive plus vite que je ne l’avais prévue : couvre-feu et reconfinement. Je n’ai plus de van et rien pour tracter. L’amie qui me dépanne, travaille. Ça va être juste. On se décide quand-même et on fixe le samedi. Mais la Vie a plus d’un tour dans son sac et un autre ami doit emmener une jument chez Gwen pour une rééducation. Il propose de me ramener la mienne jusque chez lui, le vendredi. Ouf ! Ça parait déjà plus simple. Même si avec le couvre-feu, ça risque d’être rock’n roll.

Aucun souci de transport pour ma jeune jument pie. Elle est montée sans problème, elle redescend pareil. On tourne un peu dans la cour du copain. Je suis impressionnée par la belle. Elle est calme et curieuse. Pour une 4 ans, c’est plutôt sympa. Mais… parce qu’il y a toujours un mais. Au moment de remonter dans notre van, elle se plante. Pas envie. On se repositionne, on réessaie. C’est non. C’est vrai que je me sens un peu coupable après déjà plusieurs heures de route, de lui redemander de patienter 3/4 d’heure supplémentaire dans la boite. Le copain n’a pas de place, tous ses box sont pris. Il faut qu’elle monte. On va rentrer après le couvre-feu. C’est le bazar. Évidemment, comme il faut, elle me dit : non ! Pas moyen. Je n’ai ni envie de la forcer ni lui faire peur. Ça serait bien mal débuter notre relation. Je décide donc…

Credit photo : canva

… de passer la longe au copain qui n’a pas les mêmes blocages que moi. En deux minutes, c’est dans la boîte. L’orgueil et le besoin de contrôle n’ont pas leur place ici. Les chevaux sont les maîtres dans l’art de nous montrer exactement où nous en sommes. Une opportunité pour moi ne pas refaire les mêmes erreurs. De nouer une relation juste et équilibrée. Stressée et maniaque du contrôle comme je peux être parfois (oui, je sais. J’en surprends sans doute mais j’ai décidé d’être honnête), c’est une chance d’écouter ce qui est, sans juger. Un magnifique chemin d’évolution pour moi.

Le transport se passe bien. Il fait nuit noire quand on arrive, ce qui n’a pas l’air de la déranger. Par contre, elle marche super vite. Je ne sais pas si je dois la tempérer ou tenter de suivre. Tant pis pour ce soir, je précipite mes pas pour rester à son niveau. J’ai choisi de la placer à côté d’une ponette de 20 ans. Je préfère ne pas mélanger une jument avec les deux autres hongres. C’est le déséquilibre et la bagarre assurée entre eux. Trois n’est pas un bon chiffre dans les groupes de chevaux. C’est souvent 2 contre 1. Et un des deux hongres va vouloir accaparer la jument. Les premiers contacts sont prévisibles : ma jument est curieuse (encolure tendue au-dessus de la barrière, oreilles droites), la ponette méfiante (oreilles couchées et nez froncé). Pas d’attaque, pas de couinement. Ça a l’air de pas trop mal se passer.

Credit photo : banque personnelle

Je lui laisse quelques jours pour s’acclimater puis on verra où on en est. C’est pas facile pour les chevaux. On les prend, on les emmène, on les déplace sans rien leur expliquer. Vendus, achetés, échangés. Après avoir observé des signes évidents de mal-être depuis des années chez les chevaux nouvellement arrivés, je prends toujours le temps de leur expliquer ce qu’il se passe. De même, quand ils partent ailleurs. Avant, j’avais l’habitude de dire que s’ils ne comprenaient pas les mots, ils comprenaient mon intention. Maintenant, je suis plus mesurée, ils comprennent bien plus de choses que je ne peux l’imaginer. Tout comme les enfants. Ils savent, même ce que l’on voudrait leur cacher à tout prix.

La suite au prochain chapitre.

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