Dans son œil… une histoire de lien affectif. Chap 3.

3ème chapitre – Où est passée ma connexion ?

crédit photo : canva

C’est l’hiver mais on a de la chance. Pour l’instant, pas de gel. Les terrains sont praticables donc allons-y ! Sauf que… rien ne va. La belle est aux aguets et ne me fait pas confiance. Elle est super bien éduquée et ne me bouscule pas, ne me marche pas dessus mais pour le reste, elle ne me donne rien. Ni sa confiance, ni ses pieds.

Pourquoi je parle de pieds ? Un cheval qui ne donne pas ses pieds, c’est mauvais signe. Elle préfère garder ses 4 pieds au sol pour pouvoir fuir si besoin. En carrière, pareil. Elle fait des huit, court dans tous les sens sans jamais m’approcher. Je peux l’attraper sans problème pour la remettre au box mais elle n’a aucune envie de suivre mes consignes de travail comme faire un tour complet d’un côté ou de l’autre. Je la regarde galoper, inatteignable. Où est passée ma si belle connexion ? Disparue, envolée… Je commence à pressentir que je vais ramer pour la retrouver.

Les jours se passent sans grand changement. Je l’emmène à la main pour lui faire découvrir les chemins autour de la maison. Je ne suis pas en forme et j’ai de nouveau des douleurs dans le dos. Il faudrait quand même que quelqu’un la monte pour garder l’habitude. Mon fils accepte de la prendre en balade pour un petit tour et je les suivrai à pied. La belle ne fait pas de difficulté et effectue le tour qu’on avait déjà fait à pied. Elle avance fort, elle marche vite mais sans malice. Elle est curieuse de l’environnement comme un jeune cheval avec un comportement sympa. Ce que m’avait décrit Gwen. Pourtant, je ne retrouve pas la complicité immédiate que j’avais ressentie chez Gwen. Fataliste, je commence à penser que ça ne reviendra peut-être pas. Rien n’est jamais acquis, je le sais bien.

Il faut une première chute pour que je réagisse enfin.

crédit photo : canva

Rien de grave ! Heureusement. C’est une journée où je n’écoute pas. C’est toujours comme ça. Une journée « il faut », « on doit ». Il faut donc monter la jument. Je l’ai lâchée, défoulée, sellée et mon fils ainé est d’accord pour faire quelques minutes en carrière au pas. L’idée est de marcher, tourner, s’arrêter. Rien de complexe. La jument sait faire. Oui mais… c’est un jour sans pour elle. Elle a l’œil qui frise. C’est à dire, qu’elle s’occupe de tout sauf de nous. Je le vois mais je décide de ne pas en tenir compte. Pourquoi ? Je ne sais pas. Mon fils le sent aussi mais n’en dit rien non plus. Au lieu de rester près de la tête de la jument, je décide de m’éloigner pour les laisser évoluer à deux. Encore pourquoi ? Je ne sais pas. C’est un jour bizarre. La jument est crispée, je devrais dire à mon fils de de ne pas continuer. Je ne le fais pas. Mon fils reste posé et détendu, les rênes en guirlande (totalement relâchées), ça va aller. La jument va se tranquilliser, c’est sûr. Mais dame nature s’en mêle.

Une ronce qui pend des arbres et qu’on a oublié de couper, s’accroche au pull de mon fils. La liane se tend derrière eux avant de se décrocher pour retomber. La jument fuit ce truc bizarre d’abord au trot. Mon fils se dit que c’est ok, qu’elle s’arrêtera au coin suivant. Avant le coin, elle fait deux foulées de galop puis enchaîne sur des sauts de mouton. Mon fils se retrouve les fesses dans le sable en deux temps, trois mouvements.

crédit photo : canva

Mon fils se relève avec quelques douleurs au postérieur et la jument s’est arrêtée à la porte de la carrière et nous regarde d’un air surpris. Genre : que s’est-il passé ? Pourquoi t’es par terre ?

Okayyyyyyy. Voilà, voilà. Mon fils remonte. Ce coup-ci, je tiens la bête ! Quelques pas à droite, à gauche. C’est bon. On arrête là. Il faut que je repense notre relation. On ne se comprend pas !

J’ai un vieux pur-sang arabe qui sait tout faire en carrière. Enchaîner les tours à l’allure demandée, changer de main (c’est à dire de côté), s’arrêter, repartir à la voix. On ne parle pas le même langage, elle et moi. Elle parle cheval et moi je parle au pur-sang. Le seul hic, c’est que le pur-sang n’aime pas partager l’espace avec un cheval inconnu et si elle le colle, il va taper. Au moins, ils ne sont pas ferrés et je suis là pour râler s’il essaye. Ça l’arrête en général. J’aurai du coup les yeux plus sur lui.

Effectivement, elle le suit comme son ombre, ça agace mon vieux qui s’arrête pour taper. Elle prend le coup dans le poitrail avant que j’ai eu le temps de crier. Ni une ni deux, elle se retourne (elle est très souple) et lui rend un coup de pied bien senti dans la cuisse. Comme j’ai crié, tout le monde repart en avant. Ils n’ont pas fait un tour que ça recommence. Il tape et elle lui rend. Dans le calme, tranquille. J’ai jamais vu ça ! Ensuite, c’est réglé. La séance se passe nickel. Je tiens peut-être quelque chose.

À suivre…

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